16e Festival de l’imaginaire : le monde dans son fauteuil

FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE

du 9 mars au 17 juin 2012

 

 

 

 

Qu’est-ce que le patrimoine culturel immatériel ?

Presque dix ans après la signature par les États parties de la convention de l’Unesco pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel (PCI), cette question reste d’actualité.

Le FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE y apporte chaque année une réponse en partageant avec le public une programmation qui explore l’imaginaire de l’humanité, levant le voile sur des arts parfois méprisés, souvent marginalisés.
À ce titre, les marionnettes YAKSHAGANA du Karnataka nous sont particulièrement chères, la Maison des Cultures du Monde ayant joué un rôle majeur pour les empêcher de disparaître totalement. Elles reviennent après plusieurs années d’absence et livreront un magnifique spectacle de marionnettes qui ravira les enfants et ces autres éternels enfants que sont les adultes.

Le PCI est un héritage, certes, mais il demeure vivant et impose déjà une réflexion sur l’évolution de la Convention. La 9e journée du PCI initiera le premier Forum des chercheurs sur la Convention, tandis qu’une exposition au Centre français pour le patrimoine culturel immatériel (Maison des Cultures du Monde à Vitré) proposera de familiariser le public avec le PCI.

La performance, qu’elle soit un rituel ou un divertissement, est un espace de liberté d’expression. L’individu ou le groupe s’y livrent à une lecture critique, satirique de la société comme dans le BONGSAN TALCHUM de Corée, théâtre populaire dansé et masqué ou le HAT CHÉO du Vietnam né voici mille ans sur les bords du Fleuve Rouge, autre théâtre populaire dont les acteurs aiment à improviser, enrichissant encore aujourd’hui cet art de leur sensibilité.

Les QHAPAQ NEGRO jouent un rôle essentiel dans la fête de Notre Dame du mont Carmel qui mobilise chaque année plusieurs milliers de participants à Paucartambo au Pérou. Les Qhapaq Negro figurent un groupe d’esclaves en rupture de ban. Devenir Qhapaq Negro est un engagement indéfectible au service de la Vierge mais aussi l’affirmation du libre arbitre de chaque individu.


Le SANKIRTANA, ou prière en cercle, est un élément très important de la société du Manipur et joue un rôle dans son rassemblement et sa cohésion. Ici, chant, musique, danse et prouesse physique se conjuguent afin de maîtriser le désordre du monde et se rapprocher d’une harmonie cosmique.
Le principe de l’harmonie et du lien direct avec le divin se retrouve chez les Rifaï, une confrérie soufie qui a essaimé depuis Bagdad jusqu’aux Balkans. Le ZIKR DE LA CONFRÉRIE DES RIFAÏ de Tirana fera partie d’un cycle consacré à l’Albanie et à la diversité de ses traditions musicales guègue, labe, tosque et tchame.

Cette spiritualité mystique prendra encore une autre forme avec l’Orchestre arabo-andalou de Fès dont les chantres et le chœur interpréteront a cappella dans la galerie Daru au Louvre des AMDAH, odes mystiques et chants de louanges au prophète, et le lendemain une NOUBA de l’héritage arabo-andalou dont le jeune chanteur algérienABBAS RIGHI nous livrera, à l’IMA cette fois, la version constantinoise.

Le SINAWI est la musique des chamanes coréens, une improvisation collective, que certains qualifient parfois de « discorde harmonieuse », à la fois traditionnelle et forcément contemporaine puisqu’elle est en perpétuelle recréation. Ce sera la première fois qu’on pourra entendre à Paris cette musique dans sa version purement improvisée.

VIDHA LAL porte brillamment le flambeau de la nouvelle génération des danseuses de Kathak, la plus rythmique des danses classiques de l’Inde, qui de dévotionnelle à l’origine est devenue un art de cour. Elle est accompagnée par de remarquables musiciens qui donneront en introduction au récital de danse un concert dans la tradition hindustanie de Lucknow. Les chants des charretiers de Sicile constituent une tradition européenne à découvrir. Ce concert desCANTORI DE BAGHERIA marque une première collaboration avec le Théâtre de la Ville.

Une découverte inattendue, l’archipel des Bahamas avec le rake ’n’ scrape de BOHOG AND THE ROOTERS et les rhyming songs des ANDROS JUBILEE SINGERS, qui chantent leur spiritualité et une vie de dur labeur.

Enfin, le festival s’achèvera sur une programmation dédiée au Cap-Vert. Une prospection a lieu au moment où cette brochure est sous presse et le programme qui permettra de découvrir la richesse de cet archipel de la créolité sera disponible dès la mi-février.

C’est ensemble que nous pourrons défendre la diversité culturelle de l’humanité, nous enrichir en reconnaissant l’Autre, cet Autre qui est constitutif de nous-mêmes. Nous vous attendons nombreux pour cette belle aventure.

Arwad Esber
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