Maguy Marin : Dialogue à Rennes avec Sabine Pokhoris

photo DDM Thierry Bordas

Vendredi 23 mars 2012 à 18h au Théâtre national de Bretagne à Rennes(entrée libre – réservation conseillée)
Deux fils pour initier ce dialogue avec Maguy Marin autour des enjeux et chemins de son travail artistique. L’un donné par une réflexion de Bertold Brecht disant que « c’est le désordre du monde qui est le sujet de l’art », et que « quand l’art fait la paix avec le monde, il l’a toujours signée avec un monde en guerre ». L’autre par un mot de Robert Bresson, qui note ceci : « monter un film, c’est lier les personnes les unes aux autres et aux objets par les regards ». En prenant appui sur Salves, mais aussi en évoquant d’autres pièces de la chorégraphe, nous tenterons de faire saisir comment très concrètement, à travers les formes scéniques qu’imagine Maguy Marin, il s’agit pour elle de parvenir à « penser les images d’histoire, d’actualité et d’art comme un grand montage toujours en mouvement », selon ses propres termes.

Ce rendez-vous est organisé dans le cadre du parcours chorégraphique partenariat Théâtre national de Bretagne, Musée de la danse, Triangle, opéra de Rennes et Spectacle vivant en Bretagne

Sabine Prokhoris :  Psychanalyste, agrégée de philosophie. A notamment publié : Le sexe prescrit (aubier), La psychanalyse excentrée (puf), (co-écrit avec Simon Hecquet) Fabriques de la danse (puf). Elle a écrit de nombreux articles sur la danse et prépare un ouvrage et un film autour du travail de Maguy Marin (sortie prévue dans le cadre du festival d’automne et de la biennale de la danse de Lyon).

AVANT ET APRES RIEUX LA PAPE

La course de la vie   –    jusque là maintenant .   Maguy Marin

Il y a un lieu de naissance, autre qu’une ville. Toulouse. Un emplacement atteint suite à une série de déplacements provoqués par des mouvements  politiques en Espagne. Ainsi, grandir par là, en France, au tout début des années 50. Puis il y a un désir de danser qui se confirme par un enchaînement d’études – de Toulouse, à Strasbourg puis à Mudra (Bruxelles) Maurice Béjart, Alfons Goris et Fernand Schirren … dans lequel se manifestent déjà des rencontres : les étudiants acteurs du Théâtre National de Strasbourg.Une volonté qui s’affirme avec le groupe Chandra puis au Ballet du XXème siècle. Le travail de création s’amorce aux côtés de Daniel Ambash, et les concours de Nyon et de Bagnolet (1978) viennent appuyer cet élan.

Faire à plusieurs

De 1980 à 1990, portée par la confiance de l’équipe de la Maison des arts de Créteil, la recherche se poursuit avec Christiane Glik, Luna Bloomfield, Mychel Lecoq et la complicité de Montserrat Casanova. Une troupe se constitue renforcée par Cathy Polo, Françoise Leick, Ulises Alvarez, Teresa Cunha, et bien d’autres encore.
Chercher toujours, avec une composante, une compagnie qui deviendra en 1985 le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne. Une tentative de travailler à plusieurs et pouvoir en vivre, soutenue par une intense diffusion de par le monde.

En 1987, la rencontre avec Denis Mariotte amorce une collaboration décisive qui ouvre le champ des expériences. Les points de vue commencent à se décaler et se prolongent de manière à approfondir un questionnement mutuel, un entretien à bâtons rompus sans cesse en mutations et contradictions hors des cadres d’un champ artistique spécifique. Après de nombreuses pièces nées de cette réflexion, ce dialogue prendra, en 2004, la forme d’un duo intitulé « Ça quand même ».

Faire – défaire – refaire –

1998, une nouvelle implantation.
Un nouveau territoire pour un nouveau Centre chorégraphique national à Rillieux-la-Pape, dans le quartier de la Velette. Avec la nécessité de reprendre place dans l’espace public. Un croisement de présences qui agit dans un espace commun : Un “nous, en temps et lieu”. Ainsi chercher en ce lieu la distance nécessaire pour renforcer notre capacité à faire surgir « ces forces diagonales résistantes à l’oubli » (H. Arendt).
Le travail se poursuit dans une pluralité de territoires – du Studio, au quartier de la Velette, aux villes partenaires, jusqu’aux villes d’autres pays. Un travail où s’entremêlent des créations, des interventions multiples où l’exigence artistique ouvre des pistes qui dépassent le désir convivial immédiat d’un être ensemble.

Avec l’arrivée en 2006 d’un nouveau bâtiment – pour le ccn de Rillieux-la-Pape. Un lieu à habiter et à co-habiter, un laboratoire citoyen qu’est l’art de la scène destiné aux regards de la cité pour qu’ait lieu le geste d’une poétique publique. Faire que se fabrique et s’exprime par l’adresse publique, de lieux en lieux, de villes en villes, de pays en pays, la part d’existence que l’art nous renvoie. Et par-delà ces multiples endroits, partager les moyens, les outils, les expériences et les actions. Croiser les champs artistiques, créer, soutenir des recherches, ancrer des actes artistiques dans divers espaces de vie sociale, des écoles aux théâtres, des centres d’art aux centres sociaux, des espaces publics aux habitations ouvertes, des lieux de recherches aux maisons de quartier en faisant vivre le geste artistique comme puissance poétique du faire et du refaire les mondes.

L’année 2011 sera celle d’une remise en chantier des modalités dans lesquelles s’effectuent la réflexion et le travail de la compagnie. Après l’intensité de ces années passées au CCN de Rillieux-la-Pape, s’ouvre la nécessité d’une nouvelle étape plus mobile. Ici et là, dans l’intervalle du flux normal des choses, ajouter un « pas de côté » à la multitude des petites déviations porteuses du désordre vital et contribuer ainsi à l’espace immatériel d’un commun qui cherche obstinément à s’exercer.

MAGUY LANCE SES SALVES

 
La Dépêche du Midi 
propos recueillis par Nicole Clodi

Elle est une chorégraphe qui compte et depuis « May Be », crée en 1981 et devenu mythique, chacun de ses spectacles a toujours créé l’évènement. à partir de mardi la Toulousaine Maguy Marin, qui dirige depuis vingt-cinq ans le Centre Chorégraphique de Rillieux- la- Pape revient dans sa ville pour nous proposer, au Théâtre Garonne « Salves » son spectacle.

Comment a commencé votre d’amour avec la danse ?

J’ai commencé la danse à huit ans au Conservatoire de Toulouse. Ce sont mes parents, réfugiés Espagnols, qui m’ont inscrite. Moi, je ne voulais pas spécialement, mais ça m’a plu de suite. J’ai été diplômée du Conservatoire à seize ans et je suis partie au Conservatoire National de Paris.

Vous étiez, au départ une danseuse très « classique »…

Oui, de par ma formation Je ne voyais que par le classique. J’ai intégré alors les ballets de Strasbourg. J’ai dansé dans de nombreux ballets. Au bout d’un moment, j’ai eu envie d’autre chose, d’autres formes de créations. J’ai présenté le casting de l’école de Béjart et il m’a engagée tout de suite. Et là aussi, au bout de trois ans, j’avais tellement appris, Béjart tellement ouvert d’horizons, que j’ai eu envie de voler de mes propres ailes et de créer moi-même. Et maintenant cela fait vingt – cinq ans que je dirige le Centre Chorégraphique près de Lyon… mais je vais passer la main en juin.

Comment décririez-vous « Salves » ?

Ce sont des tirs groupés, un agencement d’images qui résonnent comme un montage cinématographique. Des images créées à partir de mots et de notions : transmission, oubli, travail de mémoire… C’est visuel, vivant, nourri.

Votre dernier spectacle « Turba » avait été sujet à polémique, accusé d’être de la non-danse. Que répondez-vous à vos détracteurs ?

Je ne comprends pas trop. Les gens ne supportent plus d’entendre de la poésie. Ils peuvent voir des stupidités à la télé mais ce qui est beau les dérange. Dans mon spectacle, nous lisions des poèmes de Lucrèce. Et les amateurs de danse ont trouvé que ce n’était pas assez dansé.. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, dès qu’on fait un spectacle qui dépayse ou pose question, on est taxé d’intello comme si c’était une honte… Il faut faire du « facile » qui se consomme aisément

Votre conception de la danse ?

Je n’ai pas de conception de la danse particulière. Danse, théâtre, poésie, musique, arts visuels : pour moi, c’est un ensemble qui peut se réunir ou se fragmenter et tout est dans tout.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/08/984970-maguy-marin-lance-ses-salves.html

PAROLES DE DANSE

LE SITE DE REFERENCE

http://www.compagnie-maguy-marin.fr/

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Un commentaire

  1. Bonjour,
    la photo que vous avez prise de Maguy Marin est plutôt sympa. Pouvez-vous prendre contacte avec moi à ce sujet ? Bien cordialement,
    Sandra Ribeill
    Chargée de communication et de production
    sandra.ribeill@compagnie-maguy-marin.fr

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